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Qu’est-ce que le cloud et comment ça marche : où sont vos photos, qui peut les voir et que se passe-t-il en cas de panne

Pour celles et ceux qui gardent leurs photos sur Google Photos ou iCloud, ou qui pensent à mettre leur entreprise en ligne : le cloud en mots simples, avec la définition officielle et un test maison.

Par 9 min de lecture

Le cloud (ou « nuage ») est l’ensemble des ordinateurs d’autres entreprises, rangés dans d’immenses bâtiments appelés data centers, que vous utilisez par Internet. Quand vous envoyez une photo sur Google Photos ou iCloud, elle ne part pas dans le ciel : elle est copiée sur les disques de ces machines, et votre téléphone la redemande chaque fois que vous voulez la voir. Vous payez l’usage, ou en recevez une partie gratuitement ; le matériel et son entretien sont à eux.

Est-ce sûr ? Cela dépend de qui garde les clés de chiffrement et de votre mot de passe. Peut-il tomber en panne ? Oui : en octobre 2025, une seule région d’Amazon a privé des milliers d’applications de service pendant des heures. Et lors de notre test du 25 octobre 2026, notre propre site a répondu en 0,29 seconde depuis un data center près de Washington.

Qu’est-ce que le cloud ?

Le cloud, ou informatique en nuage (cloud computing), est une façon d’utiliser du stockage, des logiciels et de la puissance de calcul situés sur les ordinateurs de quelqu’un d’autre, reliés à Internet, plutôt que sur votre propre appareil. Vous demandez ce dont vous avez besoin, quand vous en avez besoin, et le fournisseur s’occupe des machines, de l’électricité, du refroidissement et des réparations.

La définition de référence est celle du NIST SP 800-145, publiée en septembre 2011 par l’Institut national des normes et de la technologie des États-Unis. Elle parle d’un accès réseau à la demande à « un ensemble partagé de ressources informatiques configurables », mobilisées et libérées rapidement (traduction de notre part). Pour la CNIL, applications et données ne sont plus sur un ordinateur déterminé. Le NIST fixe cinq caractéristiques :

  • Libre-service à la demande : vous ajoutez de l’espace ou de la puissance vous-même, sans appeler personne.
  • Large accès réseau : vous y accédez depuis un téléphone, une tablette ou un ordinateur portable.
  • Mutualisation des ressources : les mêmes machines servent de nombreux clients à la fois, et vous ignorez en général sur quelle machine se trouvent vos données ; au mieux, dans quel pays ou quel data center.
  • Élasticité rapide : le service grandit ou rétrécit selon votre usage, parfois automatiquement.
  • Service mesuré : ce que vous consommez est mesuré (espace, heures de calcul, utilisateurs), et c’est en général ce qui est facturé.

Où sont vraiment vos photos Google Photos ou iCloud ?

Vos photos se trouvent sur des disques durs dans des data centers de Google ou d’Apple : des bâtiments remplis de serveurs, avec alimentation de secours et refroidissement, répartis dans plusieurs pays. Votre téléphone n’en garde parfois qu’une version réduite pour gagner de la place, mais l’original reste sur ces serveurs.

Google publie la carte de ses data centers : la plupart sont aux États-Unis et en Europe, dont Saint-Ghislain en Belgique et Dublin en Irlande. Cela ne vous dit pas pour autant où est votre photo : selon les règles de confidentialité de Google, vos informations peuvent être traitées sur des serveurs situés hors de votre pays de résidence.

L’espace gratuit a une limite. Un compte Google comprend 15 Go partagés entre Gmail, Google Drive et Google Photos, et iCloud offre 5 Go à la configuration. Quand iCloud est plein, selon Apple, les nouvelles photos ne sont plus envoyées et l’iPhone ne se sauvegarde plus.

Comment fonctionne le cloud ?

Pensez à l’électricité chez vous. Vous n’avez pas de centrale dans le jardin : vous vous branchez au réseau, utilisez ce qu’il vous faut et payez ce qu’indique le compteur. Le cloud fait la même chose avec l’informatique : au lieu d’acheter un serveur, vous utilisez ceux d’un fournisseur et payez à l’usage ou par abonnement.

Ce qui se passe quand vous ouvrez une photo stockée dans le cloud

  1. Votre application demande la photo par Internet, votre compte connecté prouvant qu’elle est à vous.
  2. Le DNS traduit le nom du service en adresse d’un serveur, souvent proche.
  3. La connexion voyage chiffrée (HTTPS) jusqu’à un point d’entrée du fournisseur.
  4. Le fournisseur cherche le fichier sur ses disques, ou dans une copie gardée plus près de vous.
  5. Il vous le renvoie et votre téléphone l’affiche ; si vous le modifiez, le changement fait le chemin inverse.
De votre écran au data center et retour, en moins d’une seconde avec une bonne connexion.

D’où vient vraiment une page web ? Nous l’avons mesuré

Le 25 octobre 2026, nous avons vérifié avec curl, le programme en ligne de commande qui télécharge une adresse et affiche ses en-têtes, depuis une connexion domestique en Équateur. Nous avons demandé chaque page d’accueil sept fois et noté la médiane du temps total ainsi que l’en-tête Server, la ligne où le serveur se présente.

Médiane de 7 requêtes par page d’accueil. Données : test maison avec curl, 25 octobre 2026.
SiteCe qu’a dit le serveurTemps total
vertizeplus.comVercel, région iad1, copie en cache0,29 s
google.comgws (le serveur web de Google)0,31 s
apple.comApple0,17 s
wikipedia.orgATS, copie en cache0,54 s

Notre site est hébergé chez Vercel, une plateforme cloud, et chaque réponse portait la mention iad1, qui correspond à Washington D.C. dans la liste des régions de Vercel. Selon la même page, Vercel compte plus de 126 points de présence et 19 régions, dont Paris (cdg1) : un point proche reçoit la connexion et la transmet par un réseau privé jusqu’à la région. La page vit à des milliers de kilomètres et arrive en moins d’un tiers de seconde.

L’en-tête X-Vercel-Cache: HIT signifie que la page attendait déjà en cache, une copie prête envoyée sans être reconstruite. C’est le secret d’un cloud rapide : garder des copies de ce qui est le plus demandé près de ceux qui le demandent. Vous pouvez refaire le test en tapant curl -I suivi de n’importe quelle adresse.

IaaS, PaaS et SaaS : quelle différence ?

Ce sont les trois modèles de service du NIST, et ils diffèrent par ce que vous gérez vous-même. Avec le SaaS, vous utilisez un logiciel prêt à l’emploi ; avec le PaaS, vous déposez votre propre application et le fournisseur gère tout le reste ; avec l’IaaS, vous louez serveurs, stockage et réseau, et installez ce que vous voulez dessus.

Les trois modèles de service. Définitions : NIST SP 800-145.
ModèleCe que vous obtenezExemple du quotidien
SaaS, logiciel en tant que serviceUn logiciel prêt à l’emploi dans le navigateur ou une applicationGmail, Google Photos, Netflix, Canva
PaaS, plateforme en tant que serviceUn endroit où publier votre application sans gérer de serveursVercel, qui héberge ce site ; Google App Engine
IaaS, infrastructure en tant que serviceMachines virtuelles, stockage et réseau pour monter ce que vous voulezAmazon EC2, Google Compute Engine

Cloud public, privé et hybride : quelle différence ?

Le cloud public est partagé par de nombreux clients dans les data centers d’un fournisseur, comme AWS, Google Cloud ou Microsoft Azure. Le cloud privé sert une seule organisation, qu’il soit dans ses locaux ou chez un tiers. Le cloud hybride réunit les deux et fait circuler données ou applications entre eux. Le NIST en ajoute un quatrième : le cloud communautaire.

Que se passe-t-il si le cloud tombe en panne ?

Si le data center ou la région dont dépend un service tombe, ce service cesse de fonctionner pour vous jusqu’à ce que le fournisseur répare ou bascule le trafic vers une autre région. Une panne vous prive d’accès tant qu’elle dure ; perdre des fichiers est un autre risque, plus rare, qui se couvre avec une copie ailleurs.

C’est arrivé les 19 et 20 octobre 2025. Selon le rapport d’Amazon Web Services, un défaut dans la gestion automatique du DNS de sa base de données DynamoDB a laissé un enregistrement vide dans la région de Virginie du Nord (us-east-1). Les problèmes ont commencé à 23 h 48 le 19, heure du Pacifique, et l’incident n’a été clos qu’à 14 h 20 le lendemain.

Tout ce qui dépendait de cette région est tombé en cascade. Vercel a expliqué que sa région iad1 fonctionne dans us-east-1 et qu’il a dû détourner le trafic vers d’autres. C’est la même région qui a répondu dans notre test.

Qui peut voir vos données dans le cloud ?

Celui qui détient les clés pour les déchiffrer. Si le fournisseur les garde, il peut techniquement lire vos fichiers et les remettre quand une loi ou un juge l’exige. Si seuls vos appareils les détiennent, ce qu’on appelle le chiffrement de bout en bout, même le fournisseur ne peut pas les ouvrir.

Apple l’explique dans sa présentation de la sécurité des données iCloud : avec la Protection standard des données, les clés de vos Photos sont conservées dans ses data centers ; avec la Protection avancée des données pour iCloud, à activer dans Réglages, les photos sont chiffrées de bout en bout et seuls vos appareils de confiance ont les clés. Google, de son côté, indique dans ses règles de confidentialité qu’il partage des informations pour respecter la loi, une procédure judiciaire ou une demande gouvernementale applicable.

L’autre moitié vous revient. Amazon parle de modèle de responsabilité partagée : le fournisseur sécurise le cloud, le client sécurise ce qu’il y met. Pour votre compte : mot de passe unique, validation en deux étapes et prudence avec les albums partagés.

Et tout n’a pas besoin d’être envoyé. Certains outils travaillent sur votre propre appareil : notre scanner de documents, par exemple, redresse vos photos et crée le PDF dans le navigateur, sans les envoyer à aucun serveur.

Qu’est-ce que le cloud change pour une petite entreprise ?

Vous n’avez plus besoin d’acheter ni d’entretenir un serveur. Messagerie, factures, stock et site web peuvent vivre dans des services cloud payés au mois ou à l’usage, accessibles de partout et qui grandissent avec vous. En contrepartie, vous dépendez d’Internet, du fournisseur et de ses tarifs.

  • Moins d’investissement au départ : un abonnement plutôt qu’un matériel qui vieillit lui aussi.
  • Travail de partout : le stock ou l’agenda se consultent depuis le téléphone, en boutique ou à la maison.
  • Attention aux abonnements : dix services bon marché font une grosse facture, et changer de fournisseur coûte cher si vos données restent prisonnières d’un format exotique.
  • Pas d’Internet, pas de cloud : si votre caisse en dépend, prévoyez le jour où la connexion coupe.

Le site web est le cas le plus courant. Il vit chez un hébergeur cloud, se relie à votre nom de domaine par le DNS (nous l’expliquons dans nom de domaine, hébergement et DNS) et, s’il est bien monté, sert des copies en cache depuis des points proches de vos clients, comme dans notre test.

L’essentiel

Le cloud, ce sont les ordinateurs des autres, accessibles par Internet. Il vous épargne du matériel et vous laisse travailler de partout, mais il dépend de la connexion, d’un fournisseur et de qui garde les clés : une copie à part et un bon mot de passe couvrent l’essentiel du risque.

Si ce que vous voulez mettre dans le cloud, c’est le site de votre entreprise, chez Vertize Business nous le concevons, le publions et le laissons fonctionner avec votre nom de domaine.

Questions fréquentes

Le cloud est-il gratuit ?

Il existe des offres gratuites limitées : 15 Go avec un compte Google et 5 Go avec iCloud. Au-delà, ou pour un usage professionnel, on paie au mois ou selon sa consommation.

Le cloud et l’hébergement web, c’est la même chose ?

L’hébergement est un type de service cloud : l’espace où vivent les fichiers d’un site. Le cloud est plus large et comprend aussi le stockage, les logiciels et la puissance de calcul.

Vertize Plus

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