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Comment fonctionne un QR code : ce que c’est, s’il expire, si votre logo passe et s’il est sûr

Pour qui utilise des QR codes dans son entreprise ou veut simplement les comprendre : comment le téléphone les lit, pourquoi certains cessent de fonctionner et quelle taille de logo ils supportent, avec notre propre test.

Par 9 min de lecture

Un QR code est un code-barres en deux dimensions. Ses petits carrés noirs et blancs, les « modules », stockent un texte court, comme une adresse web ou le mot de passe du wifi. Voici comment fonctionne un QR code : l’appareil photo du téléphone le repère grâce aux trois grands carrés des coins, lit chaque module comme un 0 ou un 1 et reconstitue le texte. Il contient aussi des données redondantes qui lui permettent de se réparer s’il est sali ou masqué en partie.

Expire-t-il ? Un QR code classique, non ; les codes « dynamiques » dépendent du serveur d’une entreprise. Accepte-t-il un logo ? Oui, s’il est petit : dans notre test, au niveau de correction maximal, les codes ont toujours été lus avec 15 % de leur surface masquée et presque jamais avec 20 %. Est-il sûr ? Autant que le lien vers lequel il mène.

Qu’est-ce qu’un QR code ?

Un QR code est un code-barres bidimensionnel : il stocke des données en largeur et en hauteur, d’où une capacité bien supérieure à celle d’un code-barres classique, limité à une vingtaine de caractères selon l’histoire racontée par DENSO WAVE, l’entreprise qui l’a créé. QR vient de Quick Response, « réponse rapide ».

DENSO WAVE, alors une division du japonais DENSO, l’a lancé en 1994, et l’industrie automobile l’a adopté pour organiser sa production. En 2000, il est devenu une norme internationale, l’ISO/IEC 18004, dont l’édition en vigueur date d’août 2024.

Comment fonctionne un QR code ?

Imaginez une feuille quadrillée : le texte est converti en bits, et chaque bit est dessiné comme un module noir (1) ou blanc (0). On ajoute des données redondantes pour corriger les erreurs, et des repères fixes pour que l’appareil photo trouve le code et mesure sa grille.

Plus il y a de données, plus le code est grand. D’après le tableau des versions de DENSO WAVE, il en existe 40 : la version 1 fait 21 × 21 modules et chaque version en ajoute 4 par côté, jusqu’aux 177 × 177 de la version 40. On utilise la plus petite où les données tiennent.

Les parties d’un QR code

  • Trois carrés de position dans les coins. Leurs bandes suivent le rapport 1:1:3:1:1, le moins fréquent dans les imprimés selon DENSO WAVE, et indiquent au lecteur où se trouve le code et dans quel sens il est tourné.
  • Motifs d’alignement : de petits carrés qui corrigent la déformation quand la photo est prise de biais. La version 1 n’en a pas ; les versions 2 à 6 en ont un.
  • Lignes de synchronisation : une ligne et une colonne de modules alternés qui marquent la grille.
  • Informations de format : quelques modules près des carrés, enregistrés deux fois, qui indiquent le niveau de correction et le masque, un motif qui évite les zones ambiguës.
  • Zone de silence : la marge blanche, que DENSO WAVE fixe à 4 modules de chaque côté.

Ce que fait le téléphone quand il le lit

  1. Il cherche les trois carrés grâce à leur rapport, même si le code est de côté ou à l’envers.
  2. Il redresse l’image et trace la grille, aidé par le motif d’alignement s’il y en a un.
  3. Il lit le format : quel niveau de correction et quel masque le code utilise.
  4. Il lit les modules, retire le masque et les regroupe en mots de 8 bits.
  5. Il corrige les erreurs avec Reed-Solomon, les mêmes mathématiques que les CD audio.
  6. Il interprète le texte : il vous montre le lien ou propose de rejoindre le réseau wifi.
De l’appareil photo au lien, étape par étape.

Combien d’informations tient un QR code ?

Au maximum, 7 089 chiffres, 4 296 caractères alphanumériques (majuscules, chiffres et quelques symboles) ou 2 953 octets, avec la version 40 et le niveau de correction le plus bas, d’après le tableau de DENSO WAVE. En pratique, mieux vaut en mettre beaucoup moins : plus de données, c’est plus de modules, et chacun devient plus petit dans le même espace.

Nous l’avons vérifié en octobre 2026 avec la bibliothèque qrcode : nous avons généré des liens de plus en plus longs au niveau M, le plus utilisé selon DENSO WAVE, et au niveau H, le plus robuste.

Version et modules par côté de chaque code. Données : notre test avec qrcode, octobre 2026.
LienNiveau MNiveau H
Court (21 caractères)Version 2 · 25 × 25Version 3 · 29 × 29
Avec le chemin d’une page (55)Version 4 · 33 × 33Version 6 · 41 × 41
Avec des paramètres de suivi (119)Version 7 · 45 × 45Version 10 · 57 × 57
Avec plus de paramètres (198)Version 10 · 57 × 57Version 14 · 73 × 73

À taille imprimée égale, chaque module du code de 57 × 57 mesure moins de la moitié de celui du code de 25 × 25. Or, selon DENSO WAVE, plus le module est grand, plus il se lit facilement. Retirez les paramètres de suivi dont vous ne vous servez pas.

Un QR code expire-t-il ?

Un QR code statique n’expire pas : le texte est inscrit dans le motif et fonctionne tant que la page visée existe. Ceux qui peuvent tomber en panne sont les codes dynamiques, qui contiennent un lien court vers le serveur d’une autre entreprise, chargé de vous rediriger ; si elle le désactive, le code imprimé ne mène plus à votre page.

Un code dynamique permet de changer la destination sans réimprimer, mais il vous lie à ce service : d’après l’aide de QR Code Generator, ses codes dynamiques sont désactivés à la fin de l’essai gratuit (consulté en octobre 2026). Et en 2024, Google a annoncé la fermeture de ses liens courts goo.gl pour août 2025 ; finalement, il n’a gardé que ceux encore utilisés.

Pour changer la destination sans dépendre de personne, créez un QR code statique qui pointe vers une page de votre propre domaine, comme votreentreprise.fr/menu, et modifiez cette page au besoin. Nous expliquons ce qu’est un domaine dans nom de domaine, hébergement et DNS.

Oui, grâce à la correction d’erreurs, mais dans une certaine limite. Il existe quatre niveaux qui, selon DENSO WAVE, peuvent restaurer environ 7 % (L), 15 % (M), 25 % (Q) ou 30 % (H) des mots du code, des blocs de 8 bits. Un logo au centre compte comme un dégât, et ce pourcentage ne correspond pas à une surface.

Nous l’avons mesuré en octobre 2026. Avec la bibliothèque qrcode, nous avons généré un lien de 28 caractères aux quatre niveaux et masqué son centre avec un carré blanc, de 5 à 30 % de la surface. Nous avons lu chaque image avec jsQR, un lecteur open source, puis répété l’essai avec 50 liens différents de même longueur.

Nombre de codes lus, sur 50, avec le centre masqué ; entre parenthèses, ce que restaure chaque niveau selon DENSO WAVE. À 25 et 30 %, aucun. Données : notre test avec qrcode et jsQR, octobre 2026.
NiveauTaille du codeLus avec le centre masqué
L (7 %)Version 2 · 25 × 255 % : 41 sur 50 · 10 % : aucun
M (15 %)Version 3 · 29 × 295 % : les 50 · 10 % : 10 sur 50 · 15 % : aucun
Q (25 %)Version 3 · 29 × 2910 % : les 50 · 15 % : 11 sur 50 · 20 % : aucun
H (30 %)Version 4 · 33 × 3315 % : les 50 · 20 % : 3 sur 50 · 25 % : aucun

Avec le premier lien, le niveau H a même tenu à 20 % ; les 50 liens montrent que c’était de la chance. La raison : ces 30 % se comptent en mots de 8 bits, et masquer une partie d’un mot l’abîme tout entier. Avec 20 % masqués, 32 de ses 100 mots ont été abîmés, exactement ce qu’il peut réparer ; avec 25 %, 42.

Un test, un lecteur : jsQR a lu des images parfaites créées par ordinateur. Une vraie photo, mal éclairée, floue ou prise de biais, se lit moins bien, et chaque téléphone décode à sa façon.

Notre recommandation : niveau H, le logo le plus petit possible et un test imprimé avec plusieurs téléphones ; DENSO WAVE prévient que tout ce qui recouvre le code réduit son contraste. Si vous utilisez notre générateur de QR code gratuit, l’ajout d’un logo le fait passer au niveau H, et il vous prévient si le code n’est plus lisible.

Les QR codes sont-ils sûrs ?

Un QR code ne fait rien tout seul : il ne contient que du texte. Le risque, c’est sa destination, impossible à deviner à l’œil nu : un escroc peut en imprimer un qui ouvre une fausse copie du site de votre banque pour vous demander vos données ou un paiement. C’est le « quishing », l’hameçonnage par QR code.

Ce n’est pas théorique : Cybermalveillance.gouv.fr cite de faux avis de contravention sur les pare-brise, de faux avis de passage de La Poste et de faux QR codes collés sur des parcmètres ou des bornes de recharge. Trois réflexes utiles :

  • Lisez l’adresse avant de l’ouvrir et, au moindre doute, ne l’ouvrez pas.
  • Méfiez-vous d’un QR code collé sur un autre ou glissé dans un courrier inattendu.
  • Ne saisissez ni mot de passe ni numéro de carte sur une page ouverte depuis un QR code ; pour votre banque, passez par son application.

Qu’est-ce que ça change pour vous et votre entreprise ?

Un QR code évite de taper : la carte du restaurant, le mot de passe du wifi, des coordonnées de paiement ou votre carte de visite passent du papier au téléphone. Si vous l’imprimez :

  • Choisissez un QR code statique : il ne dépend d’aucun abonnement.
  • Respectez la marge blanche de 4 modules, sans texte ni dessin collé au code.
  • Soignez le contraste et n’étirez ni ne déformez le code dans votre mise en page.
  • Testez-le imprimé avec deux ou trois téléphones, à la distance réelle, avant d’en imprimer 500.
  • Vérifiez-le de temps en temps : personne ne doit avoir collé un autre code sur le vôtre, la ruse que décrit Cybermalveillance.gouv.fr.

Ce qu’on exagère sur les QR codes

  • « Les QR codes expirent. » Seuls les dynamiques. Un code statique fonctionne tant que la page visée existe, et c’est elle qui peut réellement expirer.
  • « N’importe quel logo passe. » Les 30 % du niveau H concernent des mots de données, pas la surface : avec 20 % masqués, seuls 3 de nos 50 codes ont été lus.
  • « Scanner un QR code est toujours sans danger. » Scanner affiche seulement un texte ; le danger arrive quand on ouvre le lien, qu’on installe quelque chose ou qu’on paie sans vérifier à qui.

L’essentiel

Un QR code, c’est du texte transformé en modules, avec une correction d’erreurs intégrée. Les codes statiques n’expirent pas, un petit logo passe au niveau H et la sécurité commence par la lecture de l’adresse.

Si vous en créez un, notre générateur de QR code produit des codes statiques, sans inscription, et il se trouve avec le reste de nos outils.

Questions fréquentes

Faut-il une application pour lire un QR code ?

En général, non. Sur iPhone, l’app Appareil photo le reconnaît et affiche un lien à toucher, selon l’assistance Apple ; sur les Pixel, l’appareil photo fait de même et Google Lens fonctionne aussi, selon l’aide de Google. Sur les autres Android, cela dépend de la marque.

Faut-il payer pour utiliser des QR codes ?

Non. DENSO WAVE a choisi de ne pas faire valoir son brevet sur les QR codes conformes à la norme : tout le monde peut donc en créer gratuitement. Ce qui lui appartient, c’est le nom : « QR Code » est une marque déposée de DENSO WAVE INCORPORATED ; le motif, non.

Quelle taille pour un QR code imprimé ?

Cela dépend de ses modules et de la distance de lecture. DENSO WAVE donne un exemple : un code de version 2 avec des modules de 0,5 mm mesure 12,5 mm de côté, plus la marge. Imprimez un test et scannez-le depuis l’endroit où vos clients le feront.

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Notre générateur de QR code est gratuit, sans inscription, et vérifie que le code se lit avant que vous le téléchargiez.